NEWSLETTER N° 10. Pouvoir des bactéries dépolluantes - Charançon rouge et menaces pasant sur le palmier dattier au Maroc

Ce bulletin N° 10 (Décembre 2009) relate des informations relatives aux: 1/ pouvoir des bactéries dépolluantes dans la décontamination de l'environnement dans l'espace des biotechnologies jaunes, 2/ Le charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus, red palm weevil), une nouvelle menace pour le palmier dattier au Maghreb.


Le pouvoir des bactéries dépolluantes. Décontamination de l'environnement dans l'espace des biotechnologies jaunes

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Les bactéries constituent la première forme de vie apparue sur la terre. Elles représentent environ 80% du nombre des cellules constitutives de la biomasse. Ce sont des procaryotes (sans noyau délimité par une membrane) à génome constitué d'un seul chromosome. L'existence d'une paroi leur permet de vivre dans des conditions extrêmes. Ceci fait de ces entités à pouvoir adaptatif très élevé, des micoorganismes colonisateurs de tout espace (air, sols, mers...).

Avec le développement des activités industrielles intensives, l'Homme est arrivé à contaminer l'air, l'eau et le sol. Les bactéries seraient-elles de secours dans cette situation ?. Les percées récentes en biotechnologies sont porteuses d'espoir. Comment les biotechnologies jaunes peuvent nous venir en aide dans nos efforts de décontamination des trois biotopes essentiels pour notre vie ? Si la contamination est déjà faite, il faut décontaminer. Avant que les biotechnologies nous offre des bactéries dépolluantes, on fait recours au méthodes physico-chimiques qui consistent à 1/ filtrer sur colonne les vapeurs toxiques dans l'air, 2/ précipitation (avec chlorure ferrique) des matières organique dans l'eau et 3/ encapsulation souterraine d'essences dans le sol. Et après ?. Les tas de contaminants retirés doivent être transformés. Ainsi, les carburants accumulés, peuvent être complètement dégradés en carbone (C), inoffensif pour l'environnement. Pour augmenter la performance des bactéries dépolluantes, il suffit de leur fournir de l'oxygène et de l'eau à l'endroit où l'on veut décontaminer. Pour donner quelques exemples, les bacteries Pseudomonas, Streptothrix hyalina et Micrococcus sont capables de décomposer des contaminants toxiques dans l'air (vapeurs), l'eau (matières organiques) et le sol (essence), respectivement. Ceci est l'autre face des biotechnologies bénéfiques et acceptables, car on n'arrête pas de critiquer et rejeter les autres biotechnologies basées sur le DNA recombiné (biotechnologies modernes).

bactéries dépolluantes. Biotechnologies  jaunes

Le champs d'exploitation du pouvoir des bactéries dépolluantes étant large, on se contente de donner uniquement quelques exemples. A l'échelle de la pollution de l'air par les rejets des automobiles (oxydes d'azote), la possibilité d'exploiter de nouvelles bactéries symbiotiques caractérisées par leurs capacités à former des nodules racinaires et à fixer l’azote avec des plantes de la famille des légumineuses, a été étudiée par une équipe de l'IRD (www.dev.ird.fr). Les avantages sont multiples comme: 1) Coût faible de production des bactéries méthylothrophes grâce à leurs capacités à croître rapidement sur un milieu synthétique ne contenant que du méthanol comme seule source de carbone et d’énergie, 2) Capacité des souches à former des associations symbiotiques avec des plantes légumineuses pour une application de dépollution de l’environnement et 3) Facilité de mise en oeuvre de programmes de dépollutions le long des réseaux routiers et autoroutiers. Pour les bactéries dépolluantes, la diversité dans la fonction de décontamination ne manque pas. Ainsi, on peut noter: 1) Bactéries oxydantes et réductrices de l’arsenic en condition aérobie ou anaérobie, 2) Bactéries catalysant l'oxydation des composés soufrés, sulfures et fer en condition aérobie, 3) Bactéries qui réduisent les sulfates en condition anaérobie, 4) Bactéries hétérotrophes qui dégradant les composés organiques en condition aérobie ou anaérobie, 5) Bactéries qui produisent du méthane et de l’hydrogène et 6) Bactéries minéralisant du carbone sous forme de carbonates.

Les recherches sur l'utilisation de bactéries dépolluantes 'naturelles' (non transformées) au Maghreb ne manquent pas. A titre d'exemple, une nouvelle bactérie sulfato-réductrice susceptible d'être utilisée dans la dépollution des margines (rejets d'huileries d'olives) a été décrite (http://www.remise.ma/CHAMKH%20et%20al.pdf). En présence de lactate comme donneur d’électrons, ces bactéries peuvent réduire en sulfures le sulfate, sulfite, thiosulfate et le soufre élémentaire. Etant délimité de deux côtés par la mer Méditerranée et l'océan atlantique, le Maroc sera amené à utiliser plus que les autres pays du Maghreb (Mauritanie, Algérie, Tunisie et Libye), le pouvoir des bactéries dans la dépollution marine. ...........................................M. Baaziz, Ucam, Maroc

Le charançon rouge. Une nouvelle menace pour le palmier dattier au Maghreb

C'est sérieux, cette fois, la charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus, red palm weevil) attaque les palmiers au nord du Maroc. Originaire du sud-est asiatique, ce coléoptère qui a été trouvé en 1995 dans le sud de l’Espagne, a été rencontré pour la première fois en Corse en 2006 sur des palmiers importés d’Egypte. Il a fait apparition au nord du Maroc (région non phénicicole, heureusement!) en 2008. Cet insecte attaque le palmier des Canaries (Phoenix canariensis), le palmier dattier (Phoenix dactylifera ) et d'autres espèces de palmiers. Après le bayoud (fusariose vasculaire), le charançon rouge constitue une grande menace pour le palmier dattier au Maghreb. Un 'plan d'urgence' a été mis sur place, comme mentionné dans le bulletin officiel.


charançon rouge attaque le palmier dattier

charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus)

'Grave menace sur le palmier dattier. Tanger-Tetouan, zone déclarée en quarantaine. Les services de l’Intérieur et de l’Agriculture sont depuis deux semaines sur le pied de guerre. Les réunions se multiplient en effet, à travers les différentes wilayas et préfectures dans l’objectif d’organiser la lutte contre un nouveau ravageur du palmier dattier: le charançon rouge'. C'est le titre d'un communiqué de presse publié dans libération du 25 Août 2009 (http://www.leconomiste.com/)

Le charançon rouge a plusieurs stades de développement. La larve creuse des galeries dans le palmier. A la fin de sa croissance, elle migre vers la base des palmes pour construire un cocon où elle effectuera sa nymphose. Le charançon adulte de 2 à 4 cm de long au corps orangé avec des tâches noires vole pour contaminer d'autres palmiers.

Quels sont les axes principaux de la détection précoce ?

Les axes principaux de la détection précoce sont:

Piégeage. Il permet uniquement de renseigner sur la présence du ravageur. Son utilisation reste limitée

Dignostique visuel et endoscopie. Le repérage visuel des symptômes et l'utilisation de sondes introduites dans le stipe (endoscopie) restent tardives ou d'utilisation compliquée.

Détection olfactive. Encore à l'expérimentation, cette méthode semble avoir un bel avenir. Elle consiste à dresser des chiens à détecter des odeurs émanant de l'insecte ou de l'arbre infectée. Aussi, le développement d'instruments électroniques pour répondre à ce but constitue l'objet de recherches scientifiques et techniques.

Et la lutte ?

La lutte. Se déroulant au total dans le stipe du palmier dattier, le cycle de vie du charançon rouge ne permet pas de pratiquer une lutte curative à l’aide de produits chimiques sans atteinte à l’environnement. L’abattage reste le seul moyen de lutte existant juqu'à présent. Il nécessite plus de prudence pour éviter l’envol des adultes et la contamination d'autres palmiers. Le piégeage massif des adultes est en expérimentation. Il peut être accompagné d'applications d'insecticides.L'endothétapie constitue l'objet de plusieurs recherches scientifiques en essayant des insecticides naturels ou des champignons entomophages.Aussi, l'assainissement (mécanique ou par micro-ondes) est à considérer dans la lutte conte le charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus, red palm weevil).

Désormais, la recherche scientifique au Maghreb doit, plus que jamais, s'orienter vers l'étude approfondie du Rhynchophorus ferrugineus (cycle de vie, phéromones, comportement, ...) si on veut sauver le palmier dattier.

Liens web sélectionnés:

- Le délectable tueur des palmiers (http://www.inra.fr/opie-insectes/pdf/i146fraval4.pdf )
- Danger du charançon rouge pour le Maroc (http://www.inra.org.ma/docs/122102009144607.pdf)
- Alerte pour les palmiers (http://gardenbreizh.org/articles/article-11-rhynchophorus-ferrugineus-alerte-pour-nos-palmiers.html)
- Rhynchophorus ferrugineus (http://www.plantesdusud.com/spip.php?article982)
- Liste Phoenix (http://www.listephoenix.com)



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Newsletter 10. Bactéries dépolluantes, palmier dattier