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Contraintes biotiques et abiotiques de la culture du palmier dattier (Phoenix dactylifera L.). Exemples relatifs aux pays du Maghreb. |
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Cet article a fait l'objet de conférence au IIIième Biennale Européenne des Palmiers, 'Les ravageurs des palmiers', Sanremo, Italie, 4-5 Décembre 2003, présentée par M. Baaziz, Laboratoire de Biochimie et Biotechnologies des Plantes, Université Cadi Ayyad, Faculté des Sciences-Semlalia, B.P. 2390, 40000 Marrakech, Maroc. Fax : 212 524 43 7412/6769, E-mail:baaziz(at)ucam.ac.ma. Le sujet concerne une synthèse des données sur la culture du palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) au Maghreb et les stress pesant sur la phoeniciculture, dont la maladie du Bayoud, fusariose vasculaire.
Le
palmier dattier (Phoenix dactylifera L.) est une monocotylédone
pérenne de l'ordre des palmales, famille des palmacées.
Les limites extrêmes de la culture du palmier dattier s'étendent
entre le 10ième degré de latitude nord (Somalie) et
le 39ième degré (Elche en Espagne ou Turkménistan
en ancien URSS). Les zones les plus favorables sont comprises entre
le 24ième et le 34ième degré de latitude nord
(pays du Maghreb, Iraq..). Quelques surfaces de culture existent dans
l'hémisphère sud (Australie, Amérique du sud,
).
Le palmier dattier est une espèce thermophile. Sa végétation
s'arrête à partir de 10°C (zéro de végétation).
L'intensité maximale de végétation est atteinte
à des températures de 30-40°C. La période
de maturation des fruits correspond aux mois les plus chauds de l'année.
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| Pays | Nombre (millions) | Composition variétale |
| Maroc | 5,0 | diversifiée |
| Algérie | 9,0 | 'Deglet Nour' |
| Tunisie | 3,0 | 'Deglet Nour' |
| Mauritanie | 1,0 | - |
| Libye | 7,0 | - |
| Egypte | 7,0 | diversifiée |
Le
genre Phoenix comprend 12 espèces qui montrent des parentés
pouvant être démontrées par interfertilité
(Munier, 1973). Plusieurs hybrides ont été obtenus pour
les croisements P. dactylifera (palmier dattier) x P. sylvestris (palmier
à sucre), P. dactylifera (palmier dattier) x P. canariensis
(palmier des canaries) et P. dactylifera (palmier dattier) x P. reclinata
(palmier nain).
PHOENIX DACTYLIFERA L. EST LUNE DES 12 ESPECES DU GENRE PHOENIX
| ESPECE | NOM COMMUN | DISTRIBUTION |
| PHOENIX DACTYLIFERA L. | PALMIER DATTIER | MEDITERRANIE, ASIE, .. |
| P. CANARIENSIS | PALMIER DES CANARIES | ILES DES CANARIES |
| P.RECLINATA | PALMIER NAIN | AFRIQUE TROPICALE, ASIE (YEMEN) |
| P.SYLVESTRIS | PALMIER A SUCRE | INDE, PAKISTAN |
| P.ATLANTICA | - | AFRIQUE OCCIDENTALE, ILES DES CANARIES |
| P.HUMILIS | - | INDE, CHINE |
| P.HANCEANA | - | CHINE, THAILANDE |
| P.ROBELINIC | - | INDE, THAILANDE, .. |
| P.FARINIFERA | - | INDE |
| P.RUPICOLA | INDE | |
| P.ACAULIS | PALMIER NAIN | INDE |
| P.PALUDOSA | PALMIER JULIANA | THAILANDE, BENGAL, .. |
Des
hybrides naturels peuvent être formés par les croisements
suivants:
P. dactylifera (Palmier dattier) x P. canariensis (Palmier des Canaries).
P. dactylifera (Palmier dattier) x P. reclinata (Palmier nain).
P. dactylifera (Palmier dattier) x P. sylvestris (Palmier à
sucre)
Le
développement de la phoeniciculture dépend de la levée
de plusieurs contraintes d'ordre abiotique et biotique et dont les
principales sont :
La sécheresse, la salinité et la désertification.
Les maladies dévastatrices, comme le Bayoud.
2. CONTRAINTES ABIOTIQUES DE LA PHOENICICULTURE.
Sécheresse.
Contrairement au concept populaire 'le palmier dattier, arbre du désert', cette espèce ne peut végéter et produire qu'après fourniture suffisante des besoins en eau. Ainsi, la production peut varier dans certains pays comme le Maroc de 1 à 10, selon la pluviométrie. En 1985 (année sèche) la production était de 12000 tonnes. Elle était de 120000 tonnes en 1990 (année humide) (Direction de la production végétale, MAMVA, 1990).
Salinité.
Malgré sa forte résistance à la salinité, marquée par une croissance sur des sols contenant 3% de sels solubles, le palmier dattier ne se développe plus à des concentrations d'environ 6% en sels (Arar, 1975). L'utilisation d'eau salée dans l'irrigation du palmier dattier a un effet direct sur la croissance des fruits. D'après Girard (1961, cité par Ben Abdallah, 1990), une eau contenant du sel à raison de 9-16 g/l n'a pas d'effet sur la croissance végétative des palmiers d'El Arfiane (Algérie). Cependant, les fruits obtenus sont très petits avec une croissance très lente.
1-
Variétés
(cultivars) de palmier dattier.
2- Culture des
tissus che le palmier dattier
3- vitro-clones
de palmier dattier au Maroc
4- Palmier dattier au Maghreb
5- Sauver les palmiers au Maroc
abc du concours d`aide soignante ou d`auxiliaire
3.1. Maladies à insectes. Exemples de la cochenille blanche
Appelée 'Rheifiss' en Mauritanie, 'Guemla' au Maroc, 'Sem' en Algérie et 'Djereb' en Tunisie, la cochenille blanche (Parlatoria blanchardi Targ) cause des dégâts importants au palmier dattier. Elle se fixe sur les feuilles et diminue la respiration et la photosynthèse et cause des altérations métaboliques. Elle peut, également, attaquer les fruits et entraîner l'arrêt de leur développement (Viladerbo, 1973). L'utilisation de la coccinelle comme prédateur naturel de la cochenille blanche a fait l'objet de plusieurs travaux dans le cadre d'une lutte biologique contre l'insecte ravageur (Montaigne et Fall, 1986).
3.2. Maladies à champignons
3.2.1. Exemple de la maladie du 'Khamedj'.
Le 'Khamedj' ou pourriture des inflorescences est une maladie qui sévit pendant les années humides ou dans les régions de phoeniciculture à humidité élevée. L'agent causal de la maladie est un champignon de l'ordre des hyphales, Mauginiella scaetae qui se conserve essentiellement à l'état de mycellium latent.
Fusarium moniliforme peut, également, causer la même pourriture. La contamination d'arbre en arbre survient lors de la pollinisation par utilisation d'inflorescences mâles contaminées. Certaines variétés de palmier dattier ('Mejhoul', 'Khadrawy', ..) sont plus sensibles à cette pourriture. La lutte contre le Khamedj consiste à aux entretiens préventives, à la destruction par le feu des inflorescences pourries et à l'utilisation de fongicides comme le Bénomyl (Al Hassan et al., 1977).
La maladie du Bayoud reste la maladie la plus grave au niveau des palmeraies du Maghreb. Au Maroc, les estimations montrent que ce fléau a détruit 2/3 de la palmeraie marocaine en un siècle.
De très bons cultivars ont presque disparu du patrimoine génétique. Cette fusariose gagne encore du terrain en Algérie et menace les palmeraies tunisiennes. Les cultivars du palmier dattier les plus appréciés, 'Mejhoul', Bou-Feggous' et 'Deglet Nour', sont, malheureusement, très sensibles. Les cultivars ayant montré une résistance à la maladie sont de faible qualité fruitière. L'agent causal du Bayoud, Fusarium oxysporum f.sp. albedinis (Foa) est un champignon microscopique faisant partie de la mycoflore du sol où il peut être conservé pendant plusieurs années sur les débris de plantes ou dans le sol soit sous forme de chlamidospores soit en vie saprophytique.
Dès l'infection, la progression ascendante du champignon dans les vaisseaux est réalisée par le mycélium et les microconidies entraînées par la sève. Les symptômes externes de la maladie sont caractérisés par le blanchissement et le dessèchement des palmes. Sans qu'elles soient détruites par Foa, certaines espèces végétales cultivées dans les oasis (Luzerne, Henné) constituent un 'réservoir' du champignon. Elles sont qualifiées de 'porteurs sains'. Par contre, l'infestation par Foa d'autres palmiers comme le palmier des Canaries (Phoenix canariensis) conduit au flétrissement des palmes. Inversement, l'inoculation du palmier dattier (P. dactylifera L.) par Fusarium oxysporum f.sp.canariensis peut engendrer les symptômes du Bayoud chez le palmier dattier (Feather et al., 1989).
Comme
les autres fusarioses vasculaires, le Bayoud n'est pas une maladie
de faiblesse. Il sévit gravement sur des palmiers vigoureux
et en pleine croissance.
Certaines conditions culturales favorisent, plus que d'autres, l'extension
du Bayoud dans les palmeraies. Il s'agit, en particulier, de l'irrigation
intensive pendant les périodes chaudes (Louvet, 1972).
En plus des contraintes abiotiques et biotiques, le vieillissement des palmeraies est aussi une contrainte non négligeable, puisque 30% des palmiers de l'Algérie ont dépassé l'âge de production. Une proportion de 45% des palmiers de la Tunisie a plus de 50 ans. D'où la nécessité d'un rajeunissement urgent des palmeraies.
Par
manque d'intérêt pour les cultivars de qualités
moyenne et faible et la tendance au développement des cultures
monovarietales, l'Homme est aussi une cause indirecte de l'appauvrissement
du pool génétique des palmeraies.
Les conséquences de toutes ces contraintes que subissent les
palmeraies, résident d'abord dans une érosion génétique
des oasis. L'extension des cultures monovariétales aura des
répercussions néfastes dans l'avenir. Ainsi, les palmeraies
algériennes comptent actuellement 45% de la variété
Deglet Nour. La même variété occupe environ 60%
des palmeraies tunisiennes et continue à être multipliée
dans toutes les palmeraies.
4.
APERCU SUR LES PROGRAMMES D'AMELIORATION GENETIQUE
DU PALMIER DATTIER. CAS DE LA RECONSTITUTION
DES PALMERAIES
DETRUITES PAR LE BAYOUD.
La lutte contre le Bayoud constitue l'objectif principal de tout programme d'amélioration génétique du palmier dattier dans les pays du Maghreb.
4.1.
Programme de création de variétés de bonne qualité
fruitière résistantes
au Bayoud.
Deux
principaux objectifs sont actuellement visés dans tout projet
d'amélioration génétique du palmier dattier ;
une résistance à la maladie du Bayoud et une qualité
fruitière acceptable. La mise en évidence et la création
de nouvelles variétés font souvent appel à l'exploitation
des khalts déjà disponibles au champs (plus de 2,5 millions
au Maroc) et montrant une bonne qualité fruitière (Saaidi,
1979). Les rejets collectés sont ensuite testés pour
leur résistance au Bayoud. Les clones résistants seront
multipliés par culture in vitro. La recherche de génotypes
de qualité peut être, également, effectuée
à partir des descendances de croisements dirigés. Cette
dernière voie reste relativement longue par rapport à
la première
4.2. Recherches de marqueurs biochimiques et moléculaires de la résistance au Bayoud.
Afin
de créer une pression de sélection susceptible de trier
rapidement les palmiers résistant au Bayoud, l'expérimentateur
utilise souvent dans l'inoculation artificielle, les isolats de champignon
les plus virulents. Ainsi, le degré de résistance est
lié à l'agressivité des isolats de Fusarium
oxysporum f.sp.albedinis (Foa).
L'étude de la diversité génétique de 200
isolats de Foa sur la base de la compatibilité végétative
et des marqueurs moléculaires (RFLP,
RAPD) n'a montré qu'un faible
polymorphisme. Les isolats, semblent appartenir, tous, à un
seul groupe de compatibilité et montrent les mêmes caractéristiques
moléculaires. Ces résultats sont en faveur d'une origine
monoclonale du FOA (Tantaoui et al., 1996).
Les études des relations hôte-pathogènes, bien
nombreuses chez le palmier dattier, aboutissent à des résultats
dont l'application nécessite des essais au champ. Ainsi, la
résistance au Bayoud paraît être associée
au système oxydatif par le biais d'oxydoréductases comme
les peroxydases
(Baaziz et Saaidi, 1988; Baaziz, 1989, Baaziz et al., 1996, Majourhat
et al., 2002). Elle implique aussi l'induction des hydrolases (chitinases,
glucanases) (Amraoui, 19), ainsi que l'accumulation au niveau des
racines des acides caféoylchikimiques qui se sont montrés
inhibiteurs du développement du Foa (Ziouti, 1996).
Au champ, l'inoculation artificielle a permis de sélectionner
plusieurs dizaines de clones de khalts résistants au Bayoud
et de bonne qualité fruitière.
La multiplication à grande échelle de ce matériel
ne peut être réalisée que par la micropropagation
in vitro qui n'a pas pu satisfaire tous les besoins. A titre d'exemple,
uniquement 21% des besoins en vitro-plants ont été satisfaits
sur 147500 plants prévus pour la région de Tafilalet
au Maroc pour la période 1988-1990.
Le déficit en matériel végétal peut être
expliqué par la complexité de la culture des tissus
chez le palmier dattier aussi bien pour l'organogenèse que
pour l'embryogenèse somatique. Si l'organogenèse est
sensée produire des plants conformes génétiquement,
elle a des potentialités de production plus faibles par rapport
à l'embryogenèse somatique. Plusieurs recherches sont
menées actuellement pour multiplier tous les cultivars de palmier
dattier afin d'éviter le développement de palmeraies
oligovariétales basée uniquement sur les variétés
faciles à multiplier (Baaziz et al., 1994; Azeqour et al.,
2002 a, b).
4. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Al Hassan, K.K., Abdallah, M.S., Aboud, A.K. 1977. Controlling inflorescence rot disease of date palm caused by Mauginiella scaettae Cav. By chemical methods. Yearbook of Plant Protection Research, Min. Agric. & Agrar. Ref., Iraq. Vol 1, 223-236.
Amraoui, H. 1993. Fusariose vasculaire du palmier dattier (Bayoud). Mise en évidence d'enzymes à activité antifongique chez la plante (dosage des activités chitinases et -1,3-glucanase) et étude des secrétions protéiques du champignon (dosage des activités cellulases, pectinases et protéases). Diplôme d'Etudes Supérieures, Université Cadi Ayyad, Marrakech.
Arar, A. 1975. Soils, irrigation and drainage of the date palm. 3rd.FAO Tech..Conf. of Imp. Date Product. Poc. And Marktg. Paper A3.
Azeqour, M., Majourhat, K., Baaziz, M. 2002 a. Mrphological variations and isoenzyme polymorphism of date palm clones from in vitro culture acclimatized and established on soil in south Morocco. Euphytica 123, 57-66.
Azeqour, M., Mmssa, M., Baaziz, M. 2002 b. Identification de la variabilité intraclonale des vitroplants de palmier dattier issus de la culture in vitro par organogenèse. Etude morphologique. C.R. Biologies 325, 947-956.
Baaziz, M. & Saaidi, M. 1988. Preliminary identification of date palm cultivars by esterase isoenzymes and peroxidase activities. Can